lundi 1 octobre 2012

Il commence à faire un peu frisquet (redondance de diminutifs, mais pertinente). Pour cette raison, j'adresse à mes fidèles ouailles un gros goûter réconfortant...


CRUMBLE vs STREUSEL
Je trouve que les Allemands sont extrêmement conciliants, de ne pas s’insurger contre une fallacieuse exclusivité britannique. Depuis quelques années en effet, on nous matraque à l’envi de recettes de crumbles. Sucrés, salés, chauds, froids, ils sont tendance et bobo tout en étant bon enfant et faciles à cuisiner. A l’origine, c’est un dessert traditionnel et familial qui n’a traversé la Manche que dans les années 80, déferlant sur nos tables en même temps que le tiramisu, le vinaigre balsamique et la roquette. On cria alors à la nouveauté, alors que le point cardinal opposé propose depuis toujours un dessert à peu près similaire : le streusel. Mais voilà, question marketing et esbroufe les British sont plus forts ! Car si aujourd’hui nous connaissons tous le crumble, seuls les voisins des Allemands connaissent cette délicieuse pâtisserie qui reste avec une fâcheuse pudibonderie derrière ses frontières, tout juste si elle exsude au Luxembourg. Dessert casanier pour le malheur des gourmands mais aussi la sauvegarde de nos lignes sylphidiques, sa richesse en fait un péché véniel de poids : beurre, farine, sucre, travaillés en chapelure grossière pour s’ébouler lascivement sur une hémorrhagie de quetsches pourpres, de rhubarbe acidulée ou encore de crème pâtissière, le tout affalé dans une croûte de pâte brisée ou à brioche, le streusel est à la tarte ce que le bonnet G est à la lingerie de Jane Birkin.
ACH, SO GUT !
Oubliez vos convictions ascétiques et enlisez-vous sans hinten-pensée dans le streusel, une expérience ethnologique (très) enrichissante ! Pour ce faire, rien de plus facile : couvrez une pâte à tarte faite maison ou achetée chez monsieur supermarché de fruits de saison et /ou de crème pâtissière puis émiettez au-dessus une pâte composée de 200 g de farine, 150 g de sucre, 150 g de beurre, laissez dorer au four et dégustez tiède ou froid. Vous pouvez germaniser votre chapelure en y ajoutant des graines de tournesol (très utilisées dans les pains allemands) ou du pavot (les graines, pas le petit flacon dont la tante Anastasie prend 3 gouttes tous les soirs pour ronfler à son aise).
pour les non-germanophones, hinten signifie arrière
 Publié dans Le Vif – Weekend en 2009 (www.levifweekend.be)

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