jeudi 8 novembre 2012

C'est l'automne! Ci-dessous, un petit précis d'anthropophagie pour les nuls, via un produit de saison: la châtaigne! Bon appétit!

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DINDE AUX MARRONS
Vous croyez peut-être votre ci-devant bouffie d’orgueil et pétrie de prétention ? Du genre Madame-je-sais-tout ou autre rodomontade du même tonneau. Bien sûr, je me rebiffe à cette idée mais étant la principale intéressée ce n’est hélas pas à moi d’en juger. Vous avez donc peut-être raison, mais en tout cas pas aujourd’hui, car quels vantards tels Louis XIV, Napoléon ou Salvador Dali se seraient jamais comparés à…une dinde ? L’autre jour en effet, profitant de la pleine saison mon repas fut composé exclusivement d’une belle assiette de châtaignes sauvages juste écorcées, blanchies, pelées puis passées au four. Ni assaisonnement, ni beurre, tant c’était bon ! En bonne gourmande que je suis, après ce gavage parfumé je me suis dit que si l’on me mangeait demain ma viande devrait être particulièrement bonne. Et d’aller plus loin dans mon raisonnement : puisqu’on sait que les meilleurs cochons sont nourris aux glands de chênes verts, les plus délicats poulets au lait et aux céréales, le bœuf le plus goûteux et persillé avec de la bière, quel pourrait bien être l’aliment idéal qui conférerait à la chair de votre servante une saveur optimum ? Sans oser adresser un mail à ce sujet à mes confrères anthropophages de Polynésie, de peur de me faire hi-jacker dans le prochain vol 714 pour Sydney, je me dis en toute logique qu’en tant qu’omnivores comme notre copain le cochon, la chair humaine devrait se révéler à son meilleur une fois nourrie d’un féculent subtilement sucré et à peine oléagineux du genre…marron, justement ! De là, comme en cette période de fête on est plutôt branché dinde, il n’y a plus qu’un petit pas pour que votre dévouée se prenne pour une dinde aux marrons, ce qui, vous en conviendrez, est peut-être moins péjoratif que le dindon de la farce mais ne permet pas non plus de pavoiser tel le paon au milieu de la basse-cour. Alors, toujours bravache la tante Juju ? Des clous (de girofle) !


UN CLASSIQUE A MA FACON
En automne/hiver,  l’association marron – choux de Bruxelles est à son apogée saisonnière et donc gustative. Voici ma version personnelle de ce plat certes riche et calorique, mais aussi bien pourvu de fibres, vitamines et minéraux, et bon marché si vous achetez les produits frais (surgelés ou sous-vide, bonjour la facture). Pour 4 en plat complet ou 6-8 en accompagnement, nettoyez 1,2 kg de choux de Bruxelles en ôtant le trognon et les 3-4 feuilles extérieures trop dures et vertes ; rincez et laissez bien égoutter pour que les légumes soient secs, idéalement la veille. Prenez une très large sauteuse antiadhésive à fond plat afin que les choux soient rangés en une seule couche. Faites-y fondre 2 belles CS bombées de graisse de foie gras (celle qui reste dans le bocal, ou l’excédent de la terrine que vous avez cuisinée, par ex) à défaut graisse d’oie ou de canard, beurre ou huile d’olive. Ajoutez 6 CS d’échalote hachée et 200 g de lardons, laissez revenir puis ajoutez les choux crus coupés en 2 ou en 4 selon leur grosseur. Fermez la cocotte et laissez cuire très doucement pendant environ 1 h, les choux doivent être tendres. Ajoutez de 500 à 750 g de marrons pelés et blanchis, un trait de vinaigre d’alcool brun « à l’ancienne », un soupçon de balsamique et 20 cl de crème. Assaisonnez et servez dès que les marrons sont chauds. 
(publié dans Le Vif – Weekend à Noël 2011, www.levifweekend.be)
Crédit photo: Arnaud Brihay www.brihay.com

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